Protocole de phagothérapie en Géorgie : le déroulement complet, étape par étape

Mis à jour le 5 septembre 2026 · Rédigé par Alain LAVIT, coordinateur du parcours patient chez Se soigner en Géorgie, facilitateur francophone de l'Institut Eliava.

L'essentiel en 30 secondes

Un traitement par phagothérapie à l'Institut Eliava, à Tbilissi, se déroule en six étapes : l'évaluation gratuite de votre dossier à distance, une consultation clinique à l'arrivée, les analyses de laboratoire (mise en culture puis phagogramme), la préparation d'une solution de phages adaptée à votre souche, dix à quatorze jours de traitement actif sur place, puis un à deux mois de consolidation chez vous. Comptez deux à trois semaines en Géorgie et environ deux mois de traitement au total. Le diagnostic, la prescription et les soins relèvent des médecins de l'Institut Eliava ; Se soigner en Géorgie assure la traduction, la coordination et la logistique.

Les six étapes en un coup d'œil

ÉtapeOùDuréeQui intervient
1. Évaluation de votre dossierÀ distance, depuis chez vous5 jours ouvrésLes médecins de l'Institut Eliava, sur dossier traduit
2. Consultation d'arrivéeClinique Eliava, TbilissiJour 1Le médecin spécialiste de votre pathologie
3. Culture et phagogrammeLaboratoire Eliava3 à 5 joursLes microbiologistes
4. Préparation adaptée à votre soucheLaboratoire Eliava5 à 10 jours si nécessaireLes microbiologistes
5. Traitement actifClinique Eliava, Tbilissi10 à 14 joursVotre médecin traitant et l'équipe soignante
6. Consolidation et suiviChez vous1 à 2 moisVous, en lien à distance avec l'équipe médicale

Étape 1 : l'évaluation de votre dossier, avant tout déplacement

Schéma illustrant les six étapes d'un protocole de phagothérapie : évaluation du dossier, consultation d'arrivée, culture et phagogramme, préparation adaptée à la souche, traitement actif, consolidation et suivi.

Aucun voyage ne s’organise avant cette étape. Vous transmettez vos comptes rendus, vos antibiogrammes récents et vos examens d’imagerie ; votre coordinateur francophone les traduit et les adresse aux médecins de l’Institut Eliava, qui rendent un avis sur la faisabilité du traitement dans votre situation, sous 5 jours ouvrés.

Cet avis est gratuit et il peut être négatif : si votre infection ne relève pas de la phagothérapie, vous le savez avant d’avoir engagé le moindre frais. C’est le filtre le plus utile de tout le parcours. Pour savoir si votre situation entre dans le champ du traitement, consultez la page que traite la phagothérapie, puis déposez votre dossier via l’étude de dossier médical.

Un point compte plus que tout à cette étape : la bactérie responsable doit avoir été identifiée, ou au moins pouvoir l’être par un prélèvement. Sans bactérie identifiée, pas de phagogramme, donc pas de traitement ciblé.

Étape 2 : l'arrivée à Tbilissi et la première consultation clinique

Votre prise en charge commence dès le premier jour à la clinique. Elle comporte trois temps.

L’examen clinique initial. Vous rencontrez le médecin spécialiste de votre pathologie : un urologue pour les infections urinaires, un pneumologue pour les infections pulmonaires et la mucoviscidose, un chirurgien orthopédiste pour les ostéites et les infections sur prothèse, un ORL pour les sinusites chroniques.

La relecture de vos examens. Le médecin étudie vos imageries récentes — radiographies, scanners, IRM — pour localiser précisément le foyer infectieux et comprendre le mécanisme de résistance aux antibiotiques en jeu.

Le prélèvement immédiat. Pour travailler sur du matériel biologique frais, un prélèvement est réalisé directement sur le site de l’infection — pus, urine, frottis cutané, expectorations — et envoyé au laboratoire dans la foulée.

Étape 3 : le laboratoire, la culture et le phagogramme

C’est le cœur scientifique du traitement, et ce qui distingue la phagothérapie géorgienne d’une simple prise de produit standard. Le laboratoire de microbiologie travaille votre échantillon en quatre temps.

1. La mise en culture et l'identification

La bactérie prélevée est isolée et mise en culture pour confirmer son identité exacte et détecter d’éventuelles co-infections. Les bactéries chroniques s’organisent souvent en biofilm, une matrice protectrice qui explique pourquoi les antibiotiques échouent là où les phages, eux, parviennent à pénétrer.

2. Le phagogramme

Le phagogramme est l’équivalent, pour les phages, de l’antibiogramme pour les antibiotiques : le microbiologiste met votre souche en contact avec différentes collections de bactériophages et observe lesquels parviennent à la lyser, c’est-à-dire à la détruire. Le test identifie la combinaison de phages la plus virulente contre votre bactérie précise, et non contre son espèce en général. Le fonctionnement détaillé du phagogramme fait l’objet d’un article dédié.

À l’issue de ces analyses, l’équipe médicale valide définitivement la faisabilité et vous propose un protocole de soins précis, généralement planifié sur deux semaines sur place.

3. L'adaptation, quand les phages standards ne suffisent pas

Dans les cas complexes, aucun phage de la pharmacopée géorgienne n’est assez agressif contre votre souche. Le laboratoire procède alors à une adaptation : en faisant évoluer les phages au contact de votre bactérie, les microbiologistes sélectionnent et renforcent leur virulence jusqu’à obtenir une préparation personnalisée. Cette étape est presque systématique face à Klebsiella pneumoniae. Elle allonge le délai de cinq à dix jours, ce qui explique pourquoi certains séjours durent trois semaines plutôt que deux.

4. La préparation du terrain biologique

Les bactériophages sont des entités biologiques sensibles : ils perdent en efficacité dans un environnement trop acide. Le laboratoire analyse donc le pH de la zone infectée. Si l'acidité est trop élevée, les médecins instaurent un protocole complémentaire — correction de l'acidité, cures de vitamines, autohémothérapie — destiné à soutenir vos défenses immunitaires et à placer les phages dans les meilleures conditions d'action.

À l'issue de ces analyses, l'équipe médicale confirme la faisabilité du traitement et vous propose un protocole de soins précis, généralement planifié sur deux semaines sur place.

Étape 4 : l'application des phages selon votre infection

Le traitement actif s'adapte à la localisation de l'infection, pour amener les phages au contact direct des tissus touchés.

Type d'infectionMode d'administration
Infections urinaires (E. coli, Proteus)Instillation urétrale ou vésicale directe, en cabinet médical
Infections pulmonaires (Pseudomonas, staphylocoque)Inhalation de phages par nébulisation et aérosols
Folliculites et affections cutanéesApplication locale, pansements imprégnés, injections par mésothérapie
Ostéites et infections ostéo-articulairesCuretage chirurgical si nécessaire, puis application des phages in situ
Infections sur prothèse (genou, hanche)Lavage articulaire complet associant phages et antibiotiques pour rompre le biofilm
Troubles intestinaux et microbiotePrise orale d'une solution de phages, associée à un régime et à des probiotiques
Sinusites chroniquesLavages des sinus profonds réalisés par un médecin ORL
Infections sur implant dentaireRetrait chirurgical de l'implant, décontamination osseuse par les phages, bains de bouche

Le traitement de fond, commun à tous. Quelle que soit la localisation, tous les patients boivent une solution de bactériophages deux à trois fois par jour. Ce traitement oral s'accompagne de pauses thérapeutiques obligatoires : ces fenêtres d'arrêt, calculées au cas par cas par les médecins, empêchent la bactérie de s'adapter et de développer une résistance aux phages.

Étape 5 : le rythme de votre séjour à Tbilissi

Le traitement n'est pas une hospitalisation. Vous logez en ville, et vous vous rendez à la clinique pour vos soins et vos contrôles ; le reste du temps vous appartient. Les gestes techniques — instillations, nébulisations, lavages — sont réalisés à la clinique, tandis que la prise orale se poursuit chez vous, aux horaires fixés par le médecin.

Des contrôles biologiques réguliers permettent de vérifier que la charge bactérienne diminue et, si besoin, d'ajuster la composition de la préparation ou la fréquence des prises en cours de séjour. C'est précisément ce que le traitement à distance ne permet pas : la possibilité de corriger le tir en quelques jours, avec le laboratoire dans le même bâtiment.

Pour l'organisation pratique — hébergement, transferts, accompagnement et traduction pendant les consultations — la page organisation de votre voyage médical détaille ce qui est pris en charge et ce qui reste à votre main. Le budget, lui, est détaillé sur la page prix de la phagothérapie en Géorgie.

Le traitement n'est pas une hospitalisation. Vous logez en ville, et vous vous rendez à la clinique pour vos soins et vos contrôles ; le reste du temps vous appartient. Les gestes techniques — instillations, nébulisations, lavages — sont réalisés à la clinique, tandis que la prise orale se poursuit chez vous, aux horaires fixés par le médecin.

Des contrôles biologiques réguliers permettent de vérifier que la charge bactérienne diminue et, si besoin, d'ajuster la composition de la préparation ou la fréquence des prises en cours de séjour. C'est précisément ce que le traitement à distance ne permet pas : la possibilité de corriger le tir en quelques jours, avec le laboratoire dans le même bâtiment.

Pour l'organisation pratique — hébergement, transferts, accompagnement et traduction pendant les consultations — la page organisation de votre voyage médical détaille ce qui est pris en charge et ce qui reste à votre main. Le budget, lui, est détaillé sur la page prix de la phagothérapie en Géorgie.

Vous ne pouvez pas voyager ?

Un phagogramme peut être réalisé à partir d'un prélèvement expédié depuis l'Europe, sans que vous vous déplaciez. Cette voie a ses limites — pas de geste local, pas d'ajustement en temps réel — mais elle permet de savoir si des phages actifs existent contre votre souche avant d'envisager un séjour. Les conditions d'expédition, strictement encadrées, sont détaillées sur la page envoyer un prélèvement en Géorgie.

Étape 6 : le retour chez vous et la consolidation

Vous rentrez avec un stock de phages correspondant à votre préparation personnalisée, à conserver au réfrigérateur entre 2 et 8 °C. Le traitement se poursuit de manière autonome pendant un à deux mois au minimum, selon le schéma de prises et de pauses défini par les médecins.

Le suivi reste actif : vous restez en contact avec l'équipe médicale, vous transmettez vos résultats d'analyses de contrôle réalisées dans votre pays, et un réapprovisionnement peut être organisé si la durée de traitement doit être prolongée. Sur les infections chroniques anciennes, cette phase de consolidation compte autant que les deux semaines passées à Tbilissi : c'est elle qui évite la reprise de l'infection.

Le calendrier type de votre prise en charge

Semaine 1 (à la clinique à Tbilissi) :

Consultation d'arrivée, prélèvement sur le site de l'infection, mise en culture, phagogramme et analyse du pH. Votre protocole sur-mesure est arrêté à la fin de cette semaine.

Semaines 2 à 3 (Traitement Intensif à Tbilissi) :

Administration locale et orale des phages sous surveillance médicale, avec contrôles biologiques réguliers. Les doses et les gestes techniques (ORL, chirurgie, lavages) sont ajustés en cours de séjour.

Semaines 4 à 8+ (Consolidation à Domicile) :

Vous rentrez avec votre stock de phages personnalisé et poursuivez le traitement en autonomie pendant un à deux mois, en restant en lien à distance avec l'équipe médicale.

Qui fait quoi dans votre parcours

Les médecins de l'Institut Eliava

Ils posent l'indication, décident de la faisabilité du traitement, prescrivent la préparation de phages, réalisent les gestes techniques et assurent le suivi médical, sur place comme à distance. Toute décision médicale leur appartient.

Se soigner en Géorgie, votre facilitateur

Traduction de votre dossier et de vos consultations, transmission aux médecins, prise de rendez-vous, organisation du séjour et accompagnement sur place. Aucun avis médical n'est donné, aucun traitement n'est prescrit et aucun phage n'est vendu par le facilitateur.

Cette distinction n'est pas une formalité : elle explique pourquoi les délais annoncés dépendent du laboratoire et non du facilitateur, et pourquoi une réponse à une question médicale vous parviendra toujours des médecins, après traduction. Pour situer les acteurs, voyez la page consacrée à l'Institut Eliava et celle du docteur Alain Dublanchet, référence francophone du sujet.

Ce que ce protocole ne peut pas faire

La phagothérapie ne traite que les infections bactériennes. Elle est sans effet sur les infections virales ou fongiques, et n'est ni un traitement du cancer, ni un traitement des maladies auto-immunes.

Elle suppose aussi qu'une bactérie soit identifiable par prélèvement : sans souche à tester, le phagogramme est impossible. Il arrive, plus rarement, qu'aucun phage actif ne soit trouvé contre une souche donnée, ou que l'adaptation n'aboutisse pas — l'avis médical préalable existe pour l'anticiper.

Enfin, le protocole suppose un déplacement de deux à trois semaines : il ne convient pas aux situations d'urgence vitale ni aux patients non transportables. La grossesse et l'immunodépression sévère relèvent d'une décision au cas par cas des médecins.

Foire Aux Questions (FAQ)

Combien de temps dure un traitement par phagothérapie ?

Environ deux mois au total. Comptez deux à trois semaines sur place à Tbilissi, dont les premiers jours consacrés aux analyses, puis un à deux mois de traitement de consolidation à domicile avec le stock de phages remis à votre départ.

Combien de temps faut-il rester en Géorgie ?

Deux semaines dans la majorité des cas, trois lorsque votre souche nécessite une adaptation des phages en laboratoire. Le séjour est confirmé après l'avis médical préalable, jamais avant.

La phagothérapie a-t-elle des effets secondaires ?

Les bactériophages ne ciblent que les bactéries et ne peuvent pas infecter les cellules humaines, ce qui explique leur bonne tolérance. Les effets indésirables rapportés dans la littérature scientifique et par les équipes géorgiennes sont rares et généralement bénins : réactions locales, troubles digestifs transitoires, parfois une réaction passagère en début de traitement liée à la destruction rapide des bactéries. Aucun traitement n'est pour autant dénué de risque, et seuls les médecins de l'Institut Eliava peuvent évaluer votre situation.

Peut-on associer les phages et les antibiotiques ?

Oui, et c'est fréquent. Les travaux publiés décrivent une synergie entre les deux : l'action des phages peut fragiliser la paroi bactérienne et restaurer la sensibilité de la bactérie à des antibiotiques devenus inefficaces. L'association est décidée par le médecin traitant en fonction de votre antibiogramme.

Pourquoi des pauses pendant le traitement ?

Comme avec les antibiotiques, une exposition continue pousse la bactérie à muter. Les pauses stratégiques déterminées par les médecins maintiennent l'efficacité de destruction des phages tout au long du traitement.

Que se passe-t-il si aucun phage n'est actif contre ma bactérie ?

Le laboratoire tente d'abord une adaptation, en faisant évoluer les phages disponibles au contact de votre souche. Si cette adaptation n'aboutit pas, le traitement n'est pas engagé et vous en êtes informé — c'est l'une des raisons pour lesquelles le phagogramme précède toujours le traitement.

Peut-on faire le phagogramme sans se rendre en Géorgie ?

Oui, en expédiant un prélèvement selon une procédure encadrée. Cette option permet de vérifier l'existence de phages actifs avant d'engager un voyage, mais elle ne remplace pas la prise en charge sur place, qui seule autorise les gestes locaux et l'ajustement du protocole.

La phagothérapie est-elle autorisée en France ?

Pas en pratique courante. L'ANSM a ouvert un accès compassionnel pour certains bactériophages dans les infections ostéo-articulaires, réservé à des situations précises et à des équipes hospitalières identifiées. En Géorgie, la phagothérapie est un traitement de pratique courante depuis des décennies. Informez votre médecin traitant de votre démarche : la continuité du suivi à votre retour en dépend.

La phagothérapie est-elle possible chez l'enfant ?

Elle est pratiquée chez l'enfant en Géorgie, avec des posologies adaptées et l'accord des médecins après examen du dossier. Les points à connaître avant d'envisager un séjour avec un enfant sont réunis sur la page phagothérapie chez l'enfant.

Votre infection résiste aux antibiotiques ?

Faites étudier votre dossier gratuitement par les médecins de l'Institut Eliava. Réponse sous 5 jours ouvrés, sans engagement.

Déposer mon dossier médical

Sources

Se soigner en Géorgie est un service de facilitation : la traduction, la coordination et l'organisation du séjour relèvent de son équipe, le diagnostic et le traitement relèvent exclusivement des médecins de l'Institut Eliava. Cette page est informative et ne constitue ni une consultation, ni un avis médical, ni une promesse de résultat. Elle ne remplace pas l'avis de votre médecin traitant.