Phagothérapie Principes
Rédigé par le Docteur Alain DUBLANCHET
Inconvénients de la phagothérapie (et avantages)
De par la personnalisation de cette thérapie, elle est en effet plus longue, donc plus chère, à appliquer qu’un traitement antibiotique.
En effet, il faut le temps de faire un prélèvement de la bactérie du patient, de la mettre en culture et de faire un phagogramme (recherche du phage le plus efficace). Ce process prend déjà 7 à 10 jours.
Ensuite, il est nécessaire de prendre des phages en quantité afin de “contaminer” proprement et efficacement les bactéries pathogènes. Un traitement par phagothérapie d’une infection urinaire peut nécessiter 2 à 3 mois pour s’assurer de l’éradication des bactéries.
A l’inverse, l’enorme avantage des bactériophages est qu’ils ne provoquent pas de sérieux effets secondaires ni durables, à l’inverse des antibiotiques.
Ensuite, l’avantage de cette thérapie est que si une bactérie devient résistante aux phages adntibiotiques, la science sait refaire un phage plus efficace encore sur la bactérie du patient. Ce qui fait qu’il n’y a jamais d’impasse thérapeutique absolue.
Et enfin, l’énorme avantage de la phagothérapie est qu’elle représente l’ultime solution à ce jour pour des patients en impasse thérapeutique.
Ensuite, un autre avantage de cette thérapie est que si une bactérie devient résistante aux phages administrés, la science sait refaire un phage plus efficace et plus adapté encore sur la bactérie du patient. Ce qui fait qu’il n’y a jamais d’impasse thérapeutiques absolue.
Et enfin, l’énorme avantage de la phagothérapie est qu’elle représente à ce jour l’ultime solution pour des patients en impasse thérapeutique.
Que sont les bacteriophages?
Comment sont préparés les phages?
Quelle est la différence entre les phages et les antibiotiques?
Comment sont appliqués les phages pour traiter les patients?
Qui a découvert la phagothérapie?
Un franco-canadien, Félix d’Hérelle, alors chercheur à l’Institut Pasteur, a observé en 1917 que certains prélèvements de malades atteint de dysentérie déposés sur des boites de Pétri laissaient apparaître des « plages claires ». Il a eu l’idée de faire un prélèvement de ces « plages claires » et de le déposer sur d’autres boites de Pétri où la même bactérie poussait normalement en tapis homogène. Il a alors constaté l’apparition de nouvelles « pages claires » au niveau des dépots, ce qui indiquait un empéchement de la culture par destructions bactériennes. Il a alors fait l’hypothèse qu’il y avait au niveau des « plages claires » un microbe tueur de la bactérie. Il les a appelés “bactériophages” (du grec Phagos = manger), ces microbes de micobes des “mangeurs” de bactéries. Ultérieurement le nom a été simplifié en “phages”.
A cette époque il s’agissait d’une hypothèse audacieuse car le microscope électronique n’exitait pas encore (il est apparu que dans les années 40) et qu’il était impossible de les objectivés visuellement, ce lui valu des critiques violentes proférées par les plus éminents savants dont le prix Nobel Jules Bordet.
En 1919, Félix d’Hérelle a eu l’idée d’isoler ces bactériophages actifs pour les donner d’abord à des animaux (poules) puis de s’en servir pour un usage thérapeutique à des patients infectés. Pour convaincre ses collègues de l’inocuité des phages préparés, il avala lui-même et fit avaler à ses collaborateurs et à des médecins ses premières préparations de phages. Il traita alors des enfants atteints de la shigellose (infection fréquente en France à l’époque, grave voire mortelle) et réussit à les guérir : il venait d’inventer un nouveau traitement qu’il batisa la « phagothérapie ». Il est allé en Géorgie en 1920 pour y créer un institut de la phagothérapie. Très rapidement le Monde entier (Europe, Amériques, Asie) s’empara de ce traitement malgré une controverse sur la nature même du principe.
Pourquoi les phages ne sont pas utilisés en France?
Jusqu’en 1980, cinq spécialités contenant des phages étaient en vente dans les pharmacies et étaient remboursées à 75% par la Sécurité Sociale. À partir de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les antibiotiques ont été découverts, développés, commercialisés et ont connu un énorme succès. Les antibiotiques étant plus faciles à étudier, à produire et à utiliser, la phagothérapie a progressivement été délaissée.
La production et la vente des phages en France et dans les pays occidentaux a progressivement cessé. À cette époque, les antibiotiques étaient efficaces, semblaient « miraculeux » et on ne parlait pas encore d’antibiorésistance. Les phages, plus compliqués à utiliser, sont tombés en désuétude dans la plus grande indifférence.
Aujourd’hui, en raison de l’avancée très rapide de l’antibiorésistance, les médias et les scientifiques recommencent à évoquer cette solution thérapeutique naturelle. Le problème initial des phages est qu’ils n’ont pas été « inventés », mais prélevés dans la nature : ils ne sont donc pas “brevetables”, ce qui a désintéressé l’industrie pharmaceutique.
Le cadre réglementaire actuel reste complexe. Voir à ce propos le compte rendu du 4 mars 2021 de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques de l’Assemblée nationale française : Consulter le rapport complet.
Experts et ressources scientifiques :
- Docteur Alain DUBLANCHET : Expert français de la phagothérapie qui se bat depuis plus de 20 ans pour son retour en Europe. Voir son profil ResearchGate
- Laurent DEBARBIEUX : Chercheur à l’Institut Pasteur de Paris et fervent défenseur de la solution. Articles (Pour la Science) | Profil ORCID
- Institut Pasteur : Travaux sur l’interaction entre bactériophage, bactérie et hôte. Découvrir l’équipe de recherche
Pourquoi la phagothérapie est-elle autorisée en Géorgie?
La Géorgie n’a, quant à elle, jamais arrêté d’utiliser la phagothérapie, qui n’y a jamais été interdite. Dès 1923, un institut de recherche dédié a été créé dans sa capitale, Tbilissi. Il a été fondé par Félix d’Hérelle, le découvreur du bactériophage et inventeur de la phagothérapie, en collaboration avec le chercheur géorgien Giorgi Eliava, son élève. Ce centre, aujourd’hui baptisé en son honneur, est le célèbre Institut Eliava.
Durant la période soviétique, les antibiotiques étaient moins utilisés en URSS qu’en Occident. En conséquence, les phages y ont toujours été largement adoptés, étudiés et recherchés. Cette continuité a fait de la Géorgie l’endroit au monde le plus expérimenté dans ce domaine (avec plus de 100 ans de pratique ininterrompue) et l’a dotée d’une des plus importantes collections de phages au monde, estimée à plus de 6 000 souches.
À ce jour, la phagothérapie est toujours enseignée dans les écoles de médecine en Géorgie, contrairement à ce qui se pratique en Occident. Les médecins géorgiens disposent ainsi d’un savoir-faire unique, d’une expérience clinique inégalée et des autorisations nécessaires pour utiliser un arsenal de phages conséquent afin de traiter efficacement les patients.
En savoir plus sur l’expertise française liée à ce projet :
Découvrez le parcours du Docteur Alain Dublanchet, microbiologiste et spécialiste de référence de la phagothérapie.
